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VONDER : des lunettes connectées qui privilégient l'optique et la discrétion

Fondée par les cofondateurs de VITURE, la marque VONDER a présenté, par voie de communiqué relayé par PR Newswire, une collection inaugurale de lunettes « intelligentes » qui prend le contre-pied…

Hippolyte Savard·mis à jour 24 septembre 2026

VONDER : des lunettes connectées qui privilégient l'optique et la discrétion

Fondée par les cofondateurs de VITURE, la marque VONDER a présenté, par voie de communiqué relayé par PR Newswire, une collection inaugurale de lunettes « intelligentes » qui prend le contre-pied exact de la doxa technologique du moment: six montures en acétate, moins de trente grammes sur la balance, et — détail qui change tout — ni écran ni caméra embarqués.

L'intelligence sans le spectacle

Voilà donc des lunettes connectées qui n'ont rien de spectaculaire à montrer. Là où le marché s'épuise à transformer la monture en terminal nomade — écrans miniatures, capteurs multiples, notifications pushées à la paupière — VONDER assume une épure presque provocante: pas de surface d'affichage, pas d'objectif photographique, un poids plume qui rappelle davantage les codes de la haute lunetterie française que ceux de la Silicon Valley. La promesse, selon le communiqué, est celle d'un dispositif « adaptable à la vue », autrement dit pensé dès l'origine pour recevoir des verres correcteurs. Pour un opticien, ce n'est pas un détail: c'est un cahier des charges. Beaucoup d'objets dits « wearables » traitent la correction optique comme un afterthought, un clip disgracieux rapporté après coup. Ici, l'optique serait la raison d'être, non l'accessoire.

Le choix de l'acétate n'est pas anodin non plus dans le lexique de la profession — c'est la matière des maisons historiquement installées à Oyonnax ou dans le Jura, celle qui se polit, se cintre, se patine. Trente grammes, c'est aussi le seuil en dessous duquel une monture cesse de se faire sentir au bout de quelques heures. La ligne esthétique, à en juger par les éléments communiqués, joue la carte d'un classicisme revisité plutôt que celle du proto wearable futuriste.

Un salon, un signal

Le premier terrain de jeu de VONDER sera le SILMO Paris, du 25 au 28 septembre à Paris Nord Villepinte, où la marque croisera, selon les chiffres publiés par Le Progrès, quelque neuf cents exposants et trente mille visiteurs professionnels venus d'une septantaine de pays. La délégation canadienne — plus de deux cent cinquante visiteurs — arrive en tête, suivie de la Belgique, du Moyen-Orient et des États-Unis. C'est précisément cette géographie de l'optique indépendante qui fait du salon parisien le bon endroit pour présenter un produit pensé, justement, pour l'opticien: un objet qui demande un essayage, un réglage, une adaptation de verres, et qui ne s'achète pas en deux clics sur un site de e-commerce.

Reste l'essentiel, que le communiqué ne tranche pas encore: le prix, la distribution hors circuit trade, et la nature exacte des fonctions « intelligentes » revendiquées quand on a retiré de l'équation l'écran et la caméra. La grammaire du smart eyewear se réécrit à bas bruit, et c'est peut-être la vraie nouvelle — moins le produit lui-même que le geste de soustraction qu'il opère.