Golden Age de TAG Heuer : quand l'élégance automobile inspire la lunetterie
D'après Acuité, TAG Heuer Eyewear dégaine Golden Age, et le postulat de départ mérite qu'on s'y arrête: la maison emprunte aux « gentleman drivers » des années 60-70 cette élégance un peu tapageuse…
Hippolyte Savard·mis à jour 19 septembre 2026

D'après Acuité, TAG Heuer Eyewear dégaine Golden Age, et le postulat de départ mérite qu'on s'y arrête: la maison emprunte aux « gentleman drivers » des années 60-70 cette élégance un peu tapageuse qui mêle l'adrénaline du bitume et la coupe de tweed impeccable. Le principe appliqué est celui du Restomod — ce lifting technologique d'une carrosserie vintage qui modernise sans trahir l'esprit d'origine.
Le résultat joue sur un contraste de matières plutôt que sur le trop-plein chromatique attendu. Là où le réflexe eût été de lorgner vers les rouges Ferrari et les bleus de course, TAG Heuer assume un acétate d'une sobriété presque bourgeoise, rehaussé de manchons en gomme noire. Sur les solaires, la branche miniaturise le bracelet H-Link des montres Carrera — motif qui ne parle qu'à l'initié, mais qui signe l'appartenance au cercle horloger. Les verres, eux, empruntent leurs teintes aux cadrans de la maison: cohérence d'univers oblige.
L'ajustement, vrai sujet de fond
La collection a été co-développée avec Patrick Dempsey, ambassadeur de la marque et lui-même passionné de course automobile. Cette caution narrative pèse, on le sait, auprès d'une certaine clientèle; reste que la promesse technique mérite, elle, d'être confrontée à la main de l'opticien. TAG Heuer mise sur des manchons ajustables en gomme et des plaquettes de nez livrées en deux tailles, censées épouser toutes les morphologies. Le concept est décliné en version optique, afin d'accompagner les porteurs dans leurs usages quotidiens, avec — promet-on — la même alliance d'élégance et de technicité.
Ce qu'il faut vérifier en boutique
Avant de céder au récit gentleman driver, trois points méritent l'attention d'un opticien indépendant. D'abord, la flexibilité réelle des manchons en gomme: le confort annoncé dépend moins de leur dessin que de leur élasticité à l'usage, et c'est précisément ce qu'il faut tester en cabine. Ensuite, le volume des branches au niveau du tenon — la miniaturisation du H-Link ajoute une épaisseur qui peut déséquilibrer les visages fins, et il serait imprudent de l'oublier lors du choix de la taille. Enfin, la déclinaison optique reprend-elle ces mêmes manchons et plaquettes ajustables? La promesse de maintien « toute la journée » ne vaut que si l'architecture est strictement identique d'un modèle à l'autre.
Golden Age est, au fond, un produit de positionnement: il ne s'adresse pas à l'amateur de sport mécanique, mais à celui qui veut en porter l'esthétique. Encore faut-il que l'ajustement soit à la hauteur du pedigree affiché — et c'est précisément là que le regard d'un opticien indépendant reprend ses droits.